| | | Chronologie de la guèrre 39- 40 | |
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freitas ADMINISTRATEUR


Nombre de messages: 24932 Age: 47 Emploi/loisirs: De tout Humeur: bonne !! Date d'inscription: 02/11/2007
 | Sujet: Chronologie de la guèrre 39- 40 Ven 2 Mai 2008 - 10:50 | |
| Chronologie de la guèrre 39- 40
JANVIER
1 - Grande-Bretagne: mobilisation générale. 18 - Le Danemark, la Suède et la Norvège proclament leur neutralité 21 - Grande-Bretagne: Churchill conseille aux pays neutres de se ranger aux côtés du camp allié. Retour au début de l'année.
FÉVRIER
1 - Attaque de l'Union soviétique en Finlande. 25 - Déclaration de neutralité des pays scandinaves dans le conflit russo-finlandais. Retour au début de l'année.
MARS
12 - Finlande: traité de paix avec l'URSS. 20 - 22 - France: démission du cabinet Daladier. Formation du Gouvernement Paul Reynaud. 28 - Déclaration franco-britannique de Londres: pas d'armistice ou de paix séparée Retour au début de l'année.
AVRIL
9 - Les Allemands envahissent la Suède et la Norvège pour contrôler la route du fer suedois. 10 - Combat naval anglo-allemand dans la baie de Narvik. 14 -19 - Débarquement des troupes britanniques et arrivée du corps expéditionnaire français en Norvège. 24 - Les Allemands enfoncent le front allié. … … … LA NORVEGE ETAIT UN SUJET DE PREOCCUPATION depuis le début de la guerre: le port de Narvik assurait en effet le transit du minerai de fer suedois utilisé par l'Allemagne - situation qui satisfaisait Hitler. En revanche les Franco-Britanniques souhaitaient affaiblir leur adversaire. De sérieuse, la situation devient explosive le 6 février: Churchill mit en effet arraisonner le pétrolier-ravitailleur allemand Altmark. Le 9 avril la Kriegsmarine s'empare d'Oslo tandis que le Général Dietl se rend maître de Narvik. Le 10 la Royal Navy contre-attaque et coule les destroyers allemands. Entre le 15 et le 18, 33000 soldats anglo-franco-polonais prennent position à 60km de Narvik. Les Anglais sont pour une attaque terrestre le général français Béthouart veut tenter un débarquement. Il se fera en deux temps et le 28 les Français, les Polonais et les Norvégiens délogent Dietl. Seule victoire française de ces années 39-40, la bataille de Narvik connaîtra toutefois un succès éphémère puisque le corps expéditionnaire allié devra quitter sa position à cause de la déroute franco-britannique en Belgique. Ce qui permettra aux Allemands de récupérer le port sans tirer un coup de feu. Retour au début de l'année.
MAI
10 - Londres: formation du cabinet Churchill. Offensive allemande sur les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg. 14 - L'armée allemande enfonce le front français à Sedan. 16 - Paul Reynaud: Le gouvemement demeurera à Paris . 17 - Repli des armées franco-britanniques. 18 - Le maréchal Pétain, vice-président du Conseil. 19 - Les Allemands atteignent Abbeville. Occupation d'Amiens et d'Arras. 25 - Occupation de Calais. 27 - Capitulation de l'armée belge. 28 - Dunkerque: 350000 soldats dont 100000 Français tentent le rembarquement en Angleterre. Retour au début de l'année.
JUIN
3 - Paris: bombardements par la Luftwaffe. Dunkerque: fin du rembarquement des soldats alliés. 5 - L'Allemagne attaque sur Aisne et Somme. De Gaulle nomme soussecrétaire d'État à la Guerre. 6 - Rommel enfonce le front de la Somme. 7 - Rupture du front de l'Aisne. 9 - Les Allemands franchissent l'Oise et occupent Rouen. De Gaulle rencontre Churchill. 10 - Italie: Mussolini déclare la guerre à la France et à la Grande-Bretagne.; France: le gouvernement se replie sur Tours puis sur Bordeaux. 11 - Les autorités norvégiennes se refugient en Angleterre. 12 - Ordre aux troupes françaises de retraite générale. 14 - Les Allemands entrent dans Paris. 17 - Le maréchal Pétain à la radio: «C'est le coeur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat.» 18 Londres: appel à la résistance du général de Gaulle. 22 - France: 18 h 35: le général Huntziger et le maréchal Keitel signent la convention d'armistice franco-allemand. 24 - Armistice franco-italien. 29 - Le gouvernement français quitte Bordeaux pour Vichy. Retour au début de l'année.
JUILLET
2 - Le gouvernement s'installe à Vichy. 3 - Mers el-Keblr: la flotte anglaise ouvre le feu sur les navires français. 4 - Vichy rompt les relations diplomatiques avec la Grande-Bretagne. 10 - France: l'Assemblée nationale donne pleins pouvoirs au maréchal Pétain. 19 Dernier avertissement d'Hitler à l'Angleterre. Retour au début de l'année.
AOÛT
2 - Condamnation à mort par contumace du général de Gaulle. … … … C'EST LE 23 JUIN, LE LENDEMAIN DE L'ARMISTICE, que de Gaulle «est entré en pleine rébellion», comme l'a écrit l'aide de camp du maréchal Pétain. Ce jour-là, précisément, le général, «à titre provisoire» est rayé des cadres de l'armée active. Bien loin de plier, de Gaulle organise la Résistance. Le 26, il dénonce la signature d'un armistice déshonorant. Des le lendemain, un mandat d'arrêt est lancé contre lui. Le 4 juillet, une condamnation à 4 ans de prison ne fait qu'accentuer l'intransigeance de l'intéressé. Vichy décide alors de franchir l'ultime étape et le 2 août, le tribunal militaire de Clermont-Ferrand rend son verdict: condamnation à mort par contumace, dégradation militaire et confiscation des biens.
8 - Début de la bataille d'Angleterre. 21 - Trotski assassiné à Mexico. … … … LEON TROTSKI S'ETAIT REFUGIE AU MEXIQUE en 1933, pour reprendre son action politique dirigée contre Staline et son action. Après avoir présidé le soviet de Petrograd, en 1918, Trotski fut commissaire à la guerre de 1918 à 1924 et dirigea les opérations de l'Armée rouge qu'il avait créée contre les armées antisoviétiques. A la mort de Lénine, Trotski entra en conflit avec Staline se vit rejeté dans l'opposition, puis dans l'exile.
24 - Londres: premiers bombardements allemands. 29 - France: création de la Légion française des combattants Retour au début de l'année.
SEPTEMBRE
9 - France: ordonnance allemande sur l'autorisation de présentation de films au public. 16 - Etats-Unis: service militaire obligatoire. 17 - Allemagne: Hitler décide de différer l'invasion de la Grande-Bretagne. 22 - Indochine: premier débarquement des Japonais. 23 - France: apparition des cartes de pain et de viande. Retour au début de l'année.
OCTOBRE
3 - Vichy: le conseil des ministres arrête un statut des Juifs . 8 - Roumanie: entrée des forces allemandes. 22 - 23 Hendaye: rencontre Hitler-Franco. L'Espagne ne rentre pas dans l'alliance allemande. 24 - Entrevue Hitler-Pétain à Montoire. 27 - Brazzaville: De Gaulle crée le Conseil de Défense de l'Empire. 28 - Agression italienne contre la Grèce. Retour au début de l'année.
NOVEMBRE
4 - Débarquement anglais en Crète. 5 - F.D. Roosevelt réélu président des Etats-Unis. 20 - 23 Roumanie et Hongrie adhèrent au pacte de l'Axe. Retour au début de l'année.
DÉCEMBRE
13 - France: Laval arreté et révoqué. 25 - Entrevue Hitler-Darlan. Retour au début de l'année. |
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 | Sujet: 1946 - Hitler et les informations du 2eme Bureau Français en 39-40 Ven 2 Mai 2008 - 10:53 | |
| 1946 - Hitler et les informations du 2eme Bureau Français en 39-40
La stratégie d’HITLER et le 2ème BUREAU FRANÇAIS en 39 et 40
1. Hitler a-t-il été le grand stratège moderne tel que l’a représenté Jodl au procès de Nuremberg ?
Jodl avait tout intérêt à dire qu’il n’était pour rien dans les décisions du Führer.
En réalité, j’ai tout lieu de penser que c’est lui qui inspirait ses décisions. Dans la stratégie dite de Hitler, Jodl est le cerveau, l’inspirateur. Jodl, c’est le jugement. Hitler prend les décisions. Hitler, c’est le tempérament. 2. Le 2ème Bureau français nous a parfaitement renseigné sur l’état des forces allemandes et de leur armement.
Mais les renseignements d’un 2ème Bureau sont ceux d’hier. Quelle sera la situation demain ? Voilà ce qu’il faudrait savoir. Et ceci a une importance d’autant plus grande que, d’hier à demain, tout peut se trouver changer, surtout chez les Allemands.
Ex : 5 Divisions blindées en Sept 1939 (divisions légères, pas de chars lourds) 10 Divisions blindées en Mai 1940 (toutes avec une juste proportion de chars lourds) 60 Divisions d’Infanterie en Septembre 1939, 120 Divisions d’Infanterie en Mai 1940.
Importance relative des ressources démographique et industrielles, et aussi le sens de l’organisation, telle a été la véritable force des Allemands.
3. Avec un impulsif comme Hitler – qui change d’idée brusquement –le rôle du 2ème Bureau est extrêmement difficile.
Hitler n’a pas eu un plan général des Opérations. Il a eu des plans d’opérations successifs, et tous plus ou moins improvisés. Et ceci était d’autant plus grave dans l’attitude défensive des Alliés (politique et stratégie défensive).
« L’armement effectif n’a été réalisé qu’après le début des hostilités » Jodl
4. L’Etat Major allemand estimait que l’Allemagne ne serait prête à entrer en guerre qu’entre 1943 et 1945.
Et Goering lui-même avait déclaré : « Une période de calme s’étendant jusqu’en 1941 est souhaitable ».
Raisonnablement parlant, les Alliés étaient en droit de penser qu’Hitler ne ferait la guerre au plutôt qu’en 1941. A cette date, le plan des 14 milliards devait être achevé. Mais Hitler avait ses raisons que la raison ne connaît pas.
Et lorsqu’il a attaqué la Pologne, il a cru dur comme fer que la France et l’Angleterre ne bougeraient pas.
(Note manuscrite du Général Héring datant de 1946)
1949 - Réponse à Winston Churchill les réflexions, objectives et mesurées, du Général Héring, suite aux Mémoires de Sir Winston Churchill concernant la direction de la guerre en 1940, expliquent les causes fondamentales de la défaite de 1940.
La lecture des mémoires de Winston Churchill me suggère les réflexions suivantes :
1. Unité de direction politique et militaire
L’auteur fait très justement remarquer qu’ « en l’absence de tout commandement suprême dans la conduite de la guerre, l’initiative des opérations était, en somme laissée à l’adversaire ». On avait bien créé, in extremis, un commandement des forces interalliées opérant dans le nord de la France. Mais, en réalité, il n’y avait pas de direction militaire de la guerre, s’exerçant sur l’ensemble des théâtres d’opérations, organisée et fonctionnant dès le temps de paix. Quant à la direction générale de la guerre, elle se réduisait à des échanges de vue entre gouvernements. Autant dire qu’elle était précaire.
L’unité de direction générale d’une coalition est, il est vrai, plus difficile à réaliser que l’unité de commandement militaire, chacun des gouvernements alliés tenant à conserver son autonomie politique. On l’a vu pour l’Axe : malgré le prestige incontestable dont jouissait Hitler après sa victoire sur la France, Mussolini n’a pas hésité à faire cavalier seul, en attaquant la Grèce, sans avoir, au préalable, consulté son grand allié, obligeant celui-ci à modifier ses plans. L’observation suivante fait ressortir la nécessité de l’unité de direction, aussi bien sur le plan politique que sur le plan militaire.
2. Parade à une agression allemande contre la Pologne
La seule parade efficace à une agression allemande contre la Pologne consistait, pour les Alliés, à prononcer d’entrée, une offensive par la Belgique, en direction d’Aix-la-Chapelle, de façon à menacer la Ruhr en débordant par le nord la ligne Siegfried. Cette offensive brusquée impliquait deux conditions :
- entente préalable entre les gouvernements français, anglais, et belge. - Constitution d’une force de choc aéro blindée interalliée, prête à intervenir sans délai.
Non seulement l’entente entre les trois gouvernements n’a pas été réalisée dès le temps de paix, mais quand on a voulu l’improviser au dernier moment, on s’est heurté à un refus catégorique de la part des Belges (1).
C’est ainsi que nous avons manqué l’occasion unique de faire échec à Hitler.
Le 15 Janvier 1940, nous aurions pu encore prévenir la menace allemande à l’ouest, en attaquant par la Belgique. Le roi des Belges, comprenant enfin son erreur, avait replié ses troupes de couverture de la frontière franco-belge, nous laissant entendre ainsi qu’il levait son interdiction. A dix huit heures, les armées françaises du nord étaient prêtes à marcher. Le général Gamelin n’attendait plus que l’assentiment du Gouvernement britannique pour déclencher l’offensive.
A vingt heures, parvint à Paris la réponse du Gouvernement britannique. Cette réponse était négative. Dès lors, nous étions définitivement condamnés à subir l’initiative des allemands.
Winston Churchill n’insiste pas sur ce fait capital. Il se borne à dire que, sur l’avis du Comité militaire, le Gouvernement britannique a cru devoir déconseiller l’opération. Sa discrétion peut s’expliquer par le souci, fort honorable d’ailleurs, de ne pas charger son prédécesseur, Chamberlain.
Le Gouvernement britannique n’en demeure pas moins le grand responsable de la carence des Alliés en Septembre 1939.
3. Le retrait des forces britanniques des Flandres
Dès la percée de Sedan, le Gouvernement britannique se rendant compte de la gravité de la situation, a pensé avant tout à la défense de l’Angleterre. Les bonnes raisons ne lui ont pas manqué pour justifier le rappel des forces britanniques engagées dans les Flandres : - flottement dans le commandement interallié, provoqué par la mort du Général Billotte ; - difficultés de liaison et de ravitaillement entravant l’exécution de la contre attaque prescrite par le général Weygand ; - capitulation de l’armée belge ; etc… Quoiqu’il en soit, les ordres de repli sur Dunkerque et de réembarquement des forces anglaises engagées dans la bataille du nord, ont été donnés sans l’assentiment du général Weygand, commandant en chef interallié, ni du gouvernement français.
Même observation en ce qui concerne le repli des forces britanniques de Bretagne. Winston Churchill explique la décision prise par le Gouvernement britannique en disant que la défaite de la France, quelque douloureuse qu’elle fut, n’entraînerait pas la perte de la guerre, comme l’eut fait la défaite de l’Angleterre.
Cette thèse est parfaitement soutenable… surtout de la part d’un Anglais. Je ne me permettrai pas de la discuter. Il n’en demeure pas moins qu’à tort ou à raison, le Gouvernement britannique a pris, de son propre chef, une décision qui équivalait à une rupture d’engagement vis-à-vis de la France.
On est alors en droit de s’étonner de l’amertume que manifeste W.Churchill, dans ses Mémoires, à l’égard du maréchal Pétain et du général Weygand, abandonnés de tous et acculés à la dure nécessité de demander un armistice aux Allemands.
Le Président de la République, M. A. Lebrun, a remis les choses au point dans la déposition qu’il a faite au procès du Maréchal : « A partir du moment où l’un des deux pays signataires d’une convention comme celle du 28 Mars, retient une partie de ses forces pour sa défense propre, au lieu de les risquer au combat commun, comme l’a fait l’Empire britannique, il peut toujours, dans la forme, s’armer d’un papier pour nous rappeler les obligations qui y sont inscrites, il n’a plus l’autorité morale nécessaire pour dire « je ne puis vous délier de votre engagement ». (Procès du maréchal Pétain – J.O du 25 Juillet 1945, colonne 2)
4. Les 25 escadrilles réservées pour la défense de l’Angleterre
Monsieur Winston Churchill fait ressortir le rôle capital joué par les 25 escadrilles de la R.A.F. qu’il avait réservées pour la défense de l’Angleterre. Nul doute que, sans elles, Hitler, sûr de la maîtrise de l’Air, aurait tenté le débarquement, malgré toutes les difficultés que représentait l’opération.
En lisant les performances de ces belles escadrilles, je songe avec mélancolie au service qu’elles nous auraient rendu, si nous avions pu en disposer pendant les journées critiques de Sedan ! Mais, comme disait Napoléon : « Ne récriminons pas sur le passé, il est sans remède ».
5. MERS EL KEBIR
Winston Churchill ne croyait pas aux promesses d’Hitler. En cela, il avait dix fois raisons. Il n’avait qu’une demi confiance dans l’engagement solennel pris par le gouvernement et par le commandement français de saborder la flotte plutôt que de la livrer aux allemands, ou, plus exactement il ne croyait pas le gouvernement français de taille à résister aux exigences d’Hitler sur la question capitale de la flotte – ce en quoi il se trompait comme l’expérience l’a prouvé.
Hanté par son imagination qui lui faisait voir la flotte française entre les mains des Allemands, alors que, de toute façon, il n’y avait pas péril en la demeure (2), et emporté par son tempérament, Winston Churchill a vu rouge. Se croyant déjà en état de légitime défense, ils donnèrent l’ordre à la flotte britannique de capturer, et à défaut, de détruire la flotte française, commettant ainsi un véritable fratricide.
Dans cette décision de Winston Churchill, le rôle du jugement semble avoir été très effacé. Pas une minute, le Premier britannique n’a songé aux conséquences de son geste brutal, à savoir, qu’en créant un casus belli aussi caractérisé entre la France et l’Angleterre, il risquait de précipiter la France dans les bras des Allemands.
Dans un remarquable article paru dans le Figaro du 31 Mars 1949, le général Serrigny nous montre comment, grâce au Maréchal, la rupture entre la France et l’Angleterre a pu être évitée. Nous y reviendrons à propos de Dakar.
6. DAKAR
Pour une raison d’ordre stratégique (protection de la ligne du Cap), Winston Churchill voulait s’assurer la possession de la baie de Dakar. Ne disposant que de moyens limités, et persuadé que les Autorités françaises se soumettraient à la première sommation du général de Gaulle, il s’est efforcé de mettre celui-ci dans son jeu et de lui faire accepter le commandement de l’avant-garde des forces de débarquement.
Pour vaincre ses scrupules, pour l’exciter, il lui a communiqué des renseignements, non contrôlés et reconnus faux depuis lors, d’après lesquels de nombreux allemands auraient été signalés à Dakar. L’aventure s’est terminée par un échec retentissant qui semble bien être à l’origine de la froideur entre les deux associés. Le coup de main sur Dakar constituait un nouveau casus belli caractérisé entre la France et l’Angleterre.
Pour la deuxième fois, le Chef de l’Etat français a encaissé l’affront.
Winston Churchill a l’air de trouver cela tout naturel de la part de celui qu’il considérait comme un défaitiste, incapable de réagir. Si, par deux fois, le Maréchal a refusé le fer, ce n’est pas faute de dynamisme, croyez-le bien Monsieur Churchill. C’est parce qu’en déclarant la guerre à l’Angleterre, il aurait fait le jeu des Allemands, ce dont il ne voulait à aucun prix. En se bornant à se défendre contre les agressions injustifiées du gouvernement britannique, non seulement il a fait preuve de sang froid, mais il a pu répondre, par une fin de non recevoir, aux Allemands qui lui offraient leur concours, sauvegardant ainsi l’Afrique du Nord, tremplin de la libération.
A votre place, je lui en serais reconnaissant.
7. La dernière offre à Vichy
Le 31 Décembre 1940, le gouvernement britannique a proposé au gouvernement français de mettre à sa disposition cinq à six divisions britanniques pour la défense de l’Afrique du Nord, « dans le cas où le gouvernement français se déciderait à se transférer en Afrique du Nord, où à reprendre les hostilités dans cette région contre l’Italie et l’Allemagne ».
Le Maréchal n’a pas répondu à cette offre. Monsieur Churchill s’en étonne et cependant la raison de ce refus est bien simple : l’offre en question était pour le moins prématurée. A cette époque, en effet, les Russes étaient encore les Alliés des Allemands. Quant aux Américains, on ne pouvait rien attendre d’eux avant deux ans, en admettant qu’ils entrent en guerre. La rupture de l’armistice dans ces conditions, aurait attiré inévitablement la foudre sur l’Afrique du Nord. Dès les premiers débarquements de troupes anglaises sur les côtes du Maroc, Hitler aurait porté son effort principal sur notre empire africain et, cette fois, la France n’aurait pas pu s’opposer à la traversée de l’Espagne par les armées allemandes.
Winston Churchill en convient d’ailleurs :« A n’importe quel moment, écrit-il dans ses Mémoires, les Allemands pouvaient traverser l’Espagne, rendre le mouillage de Gilbraltar inutillisable, se saisir des batteries installées de chaque côté du détroit et faire occuper les aérodromes par leur aviation ». Ce n’est certes pas avec nos faibles forces, même renforcées par six divisions britanniques, que nous aurions pu leur tenir tête. Sans parler même de ce qu’eut été le sort de la France, livrée ainsi toute entière à la fureur d’Hitler, force est de convenir que l’offre de Winston Churchill était inacceptable. Jusqu’à l’entrée en ligne des forces américaines, il n’y avait d’autre solution que de sauvegarder par une sage politique l’Afrique du Nord, base de départ de la contre offensive future.
Le maréchal, dont on ne saurait trop louer le sang froid et la sagesse, ne pouvait pas répondre au Premier britannique, en lui donnant les raisons de son refus. La moindre indiscrétion aurait risqué d’alerter Hitler et de déclencher la catastrophe. Quitte à passer pour un gentleman de deuxième classe, il a préféré s’abstenir de toute réponse.
Conclusion
Monsieur Winston Churchill a trop d’esprit pour en vouloir à ceux qui se permettent de discuter ses actes de gouvernement en toute objectivité d’ailleurs. Tous les grands hommes ont commis des erreurs et des fautes. Celles qu’il a pu commettre à l’égard de la France ont été largement réparées en 1944 ; nous ne saurions l’oublier.
L’Histoire lui décernera, sans discussion, le brevet de grand chef de guerre qu’il a mérité, tant par son dynamisme et sa volonté de fer, que par sa foi dans les destinées de son pays. Je regrette seulement qu’il n’ait pas mesuré à sa juste valeur la sagesse du maréchal Pétain qui, en enlevant aux Allemands tout prétexte de mettre la main sur l’Afrique du Nord, a rendu possible la manœuvre libératrice des Alliés.
Général Pierre Héring
(1) Le 7 Septembre 1939, lorsque, nommé Gouverneur militaire de Paris, je me suis présenté au Général Gamelin, je lui ai demandé : « Quand comptez-vous exécuter la manœuvre par la Belgique dont nous avons étudié toutes les modalités depuis trois ans dans les exercices du Conseil Supérieur de la Guerre ? ». Le Général m’a répondu : « J’aurais déjà déclanché l’opération ; mais les Belges tiennent à observer scrupuleusement leur neutralité, et le gouvernement britannique se refuse à leur forcer la main ».
(2) La flotte française, répartie entre les ports de l’Afrique du nord, se trouvait en effet à l’abri d’un coup de mains des Allemands. |
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 | Sujet: 17 Octobre 1938 Ven 2 Mai 2008 - 10:56 | |
| 17 Octobre 1938, lettre du sénateur LAURENT-EYNAC en soutien aux demandes de blindés du général
Dans cette lettre d'Octobre 1938, il est clair que des hommes politiques, et non des moindres, connaissaient parfaitement les lacunes de notre armée.
Depuis 1928, le général Héring enseignait les principes d'une guerre de mouvement, l'utilisation des blindés en lien avec l'aviation, et se battait contre le compartimentage de l'infanterie et de l'artillerie. Le sénateur LAURENT-EYNAC donne acte au général de sa vision, et espère... " Si au mois de Juillet, dit-il, « on ne pouvait changer les chevaux au milieu du gué », il faut se dire qu’aujourd’hui nous disposons tout au moins d’un certain nombre de mois pour prendre toutes les dispositions nécessaires qui nous permettrons d’aborder le printemps et l’été 1939 avec une organisation militaire plus adéquate aux conditions de la guerre moderne." Hélas, ni le Haut Commandement, ni les gouvernements Daladier et Reynaud, n'ont cru urgent d'imposer les mesures nécessaires en temps utile! Paris, le 17 Octobre 1938 SENAT Mon Général, J’ai bien reçu au moment où vous avez eu l’amabilité de me l’adresser votre lettre contenant deux notes sur la direction de la guerre et la Défense Nationale. Les vacances d’abord, qui m’ont retenu loin de Paris, et la période si critique que nous venons de traverser ensuite, ne m’ont pas permis de vous remercier aussitôt et de vous dire avec quel intérêt j’ai pris connaissance des idées si claires que vous développez. Je pense comme vous que la guerre se pratique aujourd’hui dans les trois dimensions, et vous ajoutiez même dans notre conversation orale de Strasbourg que le facteur temps était devenu prédominant. Il m’a semblé cependant, au cours de l’expérience de mobilisation réduite qui vient d’être faite que ce facteur n’avait pas été suffisamment respecté.
Je vais en prendre pour exemple cette arme, qui est « à cheval » entre le département de la guerre et le département de l’air, qui est la D.C.A. Il m’a été donné de constater que les batteries aériennes de soixante quinze comme les sections de mitrailleuses de D.A.T du dispositif de défense mis en place au cours des mesures de protection, comprenaient un personnel de réserve dépassant près de quatre vingt quinze pour cent.
Je ne crois pas qu’une telle formule soit heureuse, alors qu’il faut moins de deux heures à un appareil adverse pour atteindre le centre de la France et que les opérations aériennes intervenant au début d’un conflit seraient de nature à paralyser les opérations vitales de la mobilisation des armées, de la mobilisation industrielle et de la concentration des forces.
Sans prétendre « qu’un changement de main » soit nécessaire, il faudrait toutefois que l’on organise la D.C.A en fonction de son intervention immédiate, et pour cela c’est toute une organisationpermanente qu’il faudrait prévoir. Le cadre d’une lettre est malheureusement trop étroit pour aborder l’ensemble des sujets sur lequel une mise au point me paraît absolument nécessaire au lendemain de l’expérience que nous venons de faire. Si au mois de Juillet « on ne pouvait changer les chevaux au milieu du gué », il faut se dire qu’aujourd’hui nous disposons tout au moins d’un certain nombre de mois pour prendre toutes les dispositions nécessaires qui nous permettrons d’aborder le printemps et l’été 1939 avec une organisation militaire plus adéquate aux conditions de la guerre moderne. Veuillez accepter, mon Général, je vous prie, l’expression de mon meilleur souvenir et de mes dévoués sentiments. Signé : LAURENT-EYNAC
Sénateur – Ancien Ministre |
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